La Révolution : oubliez le fantastique, c’est finalement du très classique

Après une bande-annonce très prometteuse, La Révolution, nouvelle série française Netflix créée par Aurélien Molas et Gaia Guasti, est arrivée sur la plateforme de streaming ce vendredi. Et ce qui semblait s’orienter sur une bonne dose de fantastique s’avère être au final une aventure plutôt classique.

Difficile de rentrer dans le détail sans spoiler l’intrigue, nous nous contenterons donc d’une présentation générale. La Révolution nous transporte à Montargis en 1787 où le médecin de la prison, Joseph Guillotin, découvre un mystérieux virus appelé « le sang bleu ». Il ignore que les personnes infectées se transforment en véritables cannibales en mode zombies, affamées de chair et de sang. Mais il ignore surtout que cette maladie n’est autre qu’une création de la noblesse pour contrôler le peuple, et que certains de ses membres en sont déjà porteurs. C’est le cas du comte de Montargis, dont l’ignoble frère Charles a pris la place. Guillotin, à l’aide de son frère Albert, la comtesse Elise de Montargis et sa petite soeur Madeleine, vont alors tenter de s’opposer au plan maléfique de la noblesse, en s’alliant aux rebelles regroupés sous le nom de La Fraternité. De là, s’engage une bataille sanglante, prémisses de ce qui deviendra dans les livres d’histoire, la Révolution Française de 1789.

Vous l’avez compris, inutile de sortir vos livres d’histoire, on nage ici en totale uchronie. Si tout commence plutôt bien, de façon mystérieuse avec le meurtre d’une jeune fille et le retour à la vie d’êtres supposément morts, une fois le voile levé sur le fameux virus, La Révolution se tourne très rapidement vers une histoire très classique. Les personnages semblent sortis d’un moule mille fois utilisés avant. La belle Elise est prête à abandonner son titre et son nom en faveur de son peuple. On se prend à espérer que le bel Albert n’est revenu que par amour pour elle. Et les « méchants », comme l’oncle Charles (Laurent Lucas), son fils Donatien (Julien Frison), et le chef de la maréchaussée (Dimitri Storoge) sont aussi caricaturaux qu’antipathiques à souhait. Ajoutez à cela une petite dose de romance naissante entre Joseph et son assistante Katell (Isabel Aimé Gonzalez Sola), et le tout affiche finalement un air de déjà-vu.

Une fois tout cela dit, cette première saison affiche toutefois de sérieuses qualités. Les décors, costumes, et reconstitution sont de toute beauté. La réalisation s’appuie sur de nombreux plans séquences superbes, donnant du rythme et de la profondeur à l’ensemble. Quant aux scènes de combats, elles sont superbement chorégraphiées, et l’hémoglobine gicle à tout-va, de quoi ravir les amateurs de gore. Le casting affiche également quelques belles surprises avec Amir El Kacem (Joseph), la jeune Madeleine (Amélia Lacquemant), ou encore Coline Béal (Ophélie). On sera plus réservé en revanche sur Gaia Weiss en chef des rebelles, et dans une moindre mesure sur Marilou Aussilloux, dans le rôle d’Elise.

Cette première saison de La Révolution n’est au final, pas tout à fait ce à quoi nous pensions prétendre. Avec un rythme soutenu qui ne laisse pas de place à l’ennui, les 8 épisodes se regardent sans déplaisir, malgré un mélange de genres, qui ne semble jamais s’affirmer pleinement : on n’est ni dans une fresque historique, ni dans une série fantastique ou zombiesque. Un mix qui risque bien d’en dérouter certains.

La Révolution, saison 1 de 8 épisodes, disponible sur Netflix.

Credit photos (c) Netflix.

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