Cold War : le nouveau bijou signé Pawel Pawlikowski

Cinq ans après le somptueux Ida, Pawel Pawlikowski nous revient avec Cold War, un mélodrame amoureux de toute beauté, récompensé du Prix de la mise en scène lors du dernier Festival de Cannes.

cold war
Cold War, amour impossible dans l’Europe d’après-guerre.

Et tout comme Ida, le dernier né du réalisateur polonais frôle le chef-d’oeuvre. Cold War nous transporte dans les années 50, des deux côtés du rideau de fer. On y suit sur une période de 10 ans, l’amour impossible entre Wiktor, un jeune musicien assoiffé de jazz, et Zula, une jeune chanteuse à la voix douce et envoûtante. Lui rêve de liberté, et fuit la Pologne pour le Paris bohème de cette époque. Elle, décide au dernier moment de ne pas le suivre. Chacun trace sa route mais le coeur de l’un appartient pour toujours à l’autre. De retrouvailles en retrouvailles, la passion amoureuse entre les deux amants reste intacte.

Ceux qui ont adoré Ida (comment ne peut-on pas ?) vont fondre pour ce nouveau bijou de Pawlikowski. Fidèle à lui-même, le réalisateur délivre un long métrage à la beauté saisissante. Le noir et blanc est superbe, chaque plan travaillé est un tableau à lui tout seul, et les mélodies folkloriques contrastent à merveille avec la froideur des dialogues et de la passion intérieure qui unit les amants. Certains pourraient reprocher cette beauté glacée, laissant croire que Pawlikowski mise tout sur la forme, en délaissant le fond. Très peu de dialogues, beaucoup de musique, et un duo remarquable suffit. La jeune Joanna Kulig (Zula) est une véritable révélation, tant dans la justesse de son jeu que dans ses talents de chanteuse. A ses côtés, Tomasz Kot complète à merveille ce duo d’amants que seule la mort pourra séparer.

Pawlikowski dédie le film à ses parents, qui ont fui, comme beaucoup d’artistes de l’époque, la Pologne communiste. Le film a été (comme Ida) sélectionné pour représenter la Pologne aux prochains Oscars. Et comme avec Ida, le réalisateur polonais pourrait bien repartir de là, avec une nouvelle statuette dorée dans ses bagages. Ce ne serait que mérité, tant ce Cold War est sublime de bout en bout.

Cold War, en salles depuis le 24 octobre.

 

Credit photos (c) Neue Visionen Filmverlei.

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