LA MORT DE STALINE, une comédie déjantée !

La Grande-Bretagne et la Russie n’auront pas attendu l’empoisonnement d’un ex-espion russe ces dernières semaines pour brouiller leurs relations. En effet, dès janvier dernier, la Russie décidait de retirer le visa d’exploitation du film LA MORT DE STALINE, qui se voyait donc privé de sortie en salles au pays des Soviets.
Pourtant, le film réalisé par Armando Ianucci est une vraie comédie qui nous ramène en 1953 lorque Staline s’effrondre soudainement seul dans son salon. La garde rapprochée du leader soviétique, le Comité Central du Parti, se rue alors à son chevet, et la guerre de succession peut commencer. Chacun y va de ses coups bas, de ses intrigues plus viles les unes que les autres. On est prêt à tout pour prendre le pouvoir et écarter ses rivaux. Véritable satire de l’Etat Russe de cette époque, tout n’est que corruption, cynisme et hypocrisie.

Affiche - La Mort de Staline
La Mort de Staline – Affiche

Le ton est donné dès le début. Impossible de trouver un médecin à Moscou, tous ont été déportés au Goulag ! La réalisation très théâtrale du film renforce avec succès le côté loufoque et déjanté des situations et des dialogues. Le fait que le film soit tourné en anglais (comprendre avec l’accent british, et non pas avec un semblant d’imitation de l’accent russe) ajoute un degré supplémentaire de charme à la comédie. Et bien entendu, pour que celle-ci soit réussie, il faut un casting de choix, et Armando Ianuccci a parfaitement su y faire. Simon Russell Beale excelle dans le rôle de Beria, le chef de la police secrète qui salive à l’idée de succéder à Staline. Steve Buscemi (Khrouchtchev) nourrit les mêmes ambitions. Jeffrey Tambor (Malenkov), nommé secrétaire général, est pétri d’ignorance et d’incompétence. Rajouter Michael Palin (Molotov), Olga Kurylenko, Andrea Riseborough, Rupert Friend et Jason Isaacs, et vous obtenez un savant mélange de dérision et de vaudeville.

Et pour que la satire soit complète, LA MORT DE STALINE s’achève sur un procès Stalinien exécuté et sentencié à la vitesse d’une balle dans la tête. Le « petit père des peuples » est mort mais le régime soviétique a encore de beaux jours devant lui. Menée tambour battant de bout en bout, cette comédie est une vraie réussite qu’il serait dommage de louper. Courez-y, vous ne serez pas déçus !

Note : 4/5

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