Maniac : sentiment mitigé pour la nouvelle série Netflix

Maniac, la nouvelle série Netflix a débarqué vendredi sur la plateforme de streaming, et dire que c’était l’une des plus attendues de la rentrée est un doux euphémisme. Ecrite et scénarisée par Patrick Somerville (The Leftovers), réalisée par Cary Joji Fukunaga (True Detective), et avec Emma Stone et Jonah Hill en tête d’affiche, il était difficile de faire mieux. Alors qu’en est-il du résultat ? Verdict au terme des 10 épisodes de cette nouvelle mini-série.

Maniac
L’équipe scientifique déjantée de Maniac.

La première chose qui frappe lorsque l’on attaque le visionnage de Maniac, c’est la lenteur de l’épisode pilote. De là à dire qu’il ne donne pas envie d’aller beaucoup plus loin, il n’y a qu’un pas que certains pourraient bien franchir. Une mise en route qui s’attache à nous présenter le personnage de Owen (Jonah Hill), fils d’un riche industriel, et souffrant de troubles psychiatriques. Le deuxième épisode est pratiquement le même, avec cette fois-ci la présentation d’Annie (Emma Stone), un brin paumée, sans le sou, et accro à une pilule faisant d’elle une junkie ou presque. Lorsque que ces deux âmes en peine décident de participer à un essai clinique visant à commercialiser une pilule miracle faisant disparaître les souvenirs douloureux enfouis en nous, la série peut alors enfin commencer. Il était temps, car nous sommes là déjà, autour du quatrième ou cinquième épisode. Les tests réalisés sur les cobayes humains volontaires vont faire se rencontrer les inconscients d’Owen et Annie, dans des scénarios, des époques, et des situations, à chaque fois différents. On assiste alors à un spectacle visuel de toute beauté, magnifiquement réalisé par Fukunaga. Sur le fond en revanche, le scénario s’enlise assez vite, se contentant d’analyser les rêves ou visions de nos deux protagonistes. De ce côté là, l’histoire bâtie autour du personnage de Annie et sa soeur (l’excellente Julia Garner qui a illuminé la saison 2 de Ozark, toujours sur Netflix) est de loin la plus intéressante.

Outre la réalisation, la vraie force et réussite de Maniac réside en son casting impeccable de bout en bout. Emma Stone est impressionnante de justesse dans chacun de ses « rôles », et prouve une fois de plus qu’elle est capable de jouer tout et n’importe quoi. Jonah Hill n’est pas en reste, en plantant un personnage fragile psychologiquement, à ses côtés. Les rôles secondaires sont tout aussi réussis, à commencer par Justin Theroux, hilarant de bout en bout dans la peau du scientifique responsable de l’essai clinique, et un brin déjanté. Ajouter à cela, le reste de l’équipe scientifique et un méga ordinateur dépressif, et Maniac tourne alors à la comédie un peu loufoque, sans jamais tomber dans un WTF total. Et c’est précisément là que réside la force ou la faiblesse (selon les ressentis propres à chacun) de Maniac. Alternant sans cesse entre sérieux, gravité et pure comédie, le spectateur n’est jamais vraiment certain de ce qu’il est entrain de regarder. Un peu comme ce qui arrive aux personnages qui naviguent entre rêves et réalité.

Au final, Maniac laisse le sentiment d’être à moitié réussie seulement. Une réalisation et un casting superbe qui suffisent à faire oublier un démarrage très poussif et presque ennuyeux. Quelques longueurs également, vite oubliées dès que Justin Theroux et sa collègue (Sonoya Mizuno) apparaissent à l’écran. Dix épisodes qui font de Maniac une mini-série inclassable, novatrice, et qui mérite amplement que l’on s’y attarde.

 

Credit photos (c) Netflix.

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