Aftersun : l’envoûtante mélancolie d’une relation père-fille

Auréolé du Prix de la critique et du Grand prix du jury lors du dernier Festival de Deauville, le sublime « Aftersun » débarque ce mercredi 1er février en salle.

C’est l’histoire d’une relation père-fille. Sophie, 11 ans, passe les vacances en Turquie avec son père Calum. Un père divorcé qu’elle voit peu, et qui peine à dissimuler ses fragilités psychologiques. Sophie le sent bien, quelque chose cloche, et capture sur son caméscope ces quelques jours heureux qui marquent pour elle le début de l’adolescence et des premiers émois.

C’est aussi et surtout une déchirure et une incompréhension autour de ce père, que ses yeux d’enfant n’ont pas su décrypter. Il faut un saut dans le temps, vingt plus tard, pour découvrir que les images enregistrées de ces vacances, sont celles que regarde Sophie, désormais adulte et maman. Un regard « neuf » pour tenter enfin de comprendre le mal-être de ce père, qui a indéniablement laissé une plaie ouverte dans la vie de sa fille.

De manière faussement anodine, la réalisatrice Charlotte Wells montre le quotidien banal d’une semaine de vacances dans un complexe touristique. Plage, farniente, et jeux autour de la piscine ne sont que prétexte pour capter avec délicatesse la relation entre ce père et sa fille. Des petits riens assemblés par petites touches qui finissent d’achever un tableau magnifiquement mélancolique.

Une tendresse et une complicité évidente entre les deux personnages, campés avec maestria par Paul Mescal et Frankie Corio. La jeune écossaise illumine l’écran de sa fraîcheur juvénile, tandis que Paul Mescal confirme tout le bien que l’on pensait de lui. Révélé au monde entier par la sublime mini-série « Normal People« , l’acteur vient d’obtenir pour le rôle, une nomination aux Oscars dans la catégorie « meilleur acteur ».

Pour son premier long-métrage, la réalisatrice signe un véritable coup de maître. Un film délicat, empli d’une envoûtante mélancolie.

« Aftersun« , en salle le 1er février 2023.

Credit photos (c) Sarah Makharine

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