Coup pour coup : un thriller confus et décevant

Parmi les nouveautés de la semaine sur Netflix figure Coup pour coup (Los Favoritos de Midas), une mini-série espagnole créée par Mateo Gil et Miguel Barros, et inspirée d’une nouvelle de Jack London.

L’action se déroule de nos jours à Madrid. Victor Genovés (Luis Tosar), homme d’affaire influent, est à la tête d’un journal, et se retrouve victime de chantage: une missive arrivée sur son bureau lui réclame 50 millions d’euros. Une mystérieuse organisation nommée Les Spadassins de Midas promet d’assassiner une personne au hasard, jusqu’à ce que paiement soit fait. Ignorant l’avertissement, Victor voit les morts innocents se multiplier, mais jusqu’où pourra t’il le supporter ?

Présenté ainsi, Coup pour coup a tout d’un thriller classique. La police s’en mêle, et chaque fois échoue à empêcher les meurtres. Mais à trop vouloir inscrire cette histoire de chantage dans un environnement global de dénonciation du capitalisme sauvage, la mini-série devient rapidement assez confuse. Et ce dès le début. Monica (Marta Belmonte), l’une des journalistes du journal, enquête sur les transferts d’argent d’une banque et les ventes d’armes associées, qui conduisent à des massacres en Syrie. Publier son article pourrait s’avérer explosif pour le journal, dont la banque en question est actionnaire. Tout est alors une question de morale pour Monica et Victor. Ajoutez à cela une histoire d’amour naissante entre les deux protagonistes principaux, les problèmes personnels de Victor avec son fils et son ex-femme, et un flic pour qui l’enquête tourne à l’obsession, et le tout vire à un gloubi-boulga assez confus.

Les penchants de Jack London pour la classe ouvrière et sa dénonciation du capitalisme ne sont plus à démontrer. En tentant de transposer l’histoire dans le Madrid d’aujourd’hui, les scénaristes présentent une Espagne à feu et à sang, plongée dans un chaos révolutionnaire, où les manifestations tournent à l’émeute. Mais la synthèse de tous les éléments ne se fait malheureusement pas. L’histoire de Monica et de son article syrien n’a pour but que de présenter les conflits moraux qui assaillent l’esprit de la journaliste. Quant à la mystérieuse société secrète qui ferait la pluie et le beau temps sur la planète au profit des puissants, elle ne sert finalement que de base au chantage dont Victor est victime.

Au terme des 6 épisodes de la mini-série, on ne peut que dire dommage. Il y a clairement de l’idée derrière tout cela, à commencer par les écrits de Jack London. Luis Tosar et Marta Belmonte sont absolument parfaits dans leur rôle respectif, mais à trop vouloir mélanger les sujets et sous intrigues, l’ensemble perd en cohérence et en attrait. Et pour ceux qui détestent les fins ouvertes et énigmatiques, cela risque de ne pas arranger les choses.

Coup pour coup, mini-série de 6 épisodes, disponible sur Netflix le 13 novembre.

Credit photos (c) Netflix.

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