Cry Macho : dernier tour sentimental et mélancolique de Clint Eastwood

En salle ce mercredi, Clint Eastwood nous revient avec « Cry Macho« , un ultime film testament qui nous entraîne dans un road-trip mexicain, mélancolique et touchant.

Deux ans après « La Mule« , le très prolifique réalisateur revient avec l’adaptation d’un roman de N. Richard Nash. Devant la caméra, il y incarne Mike Milo, une ancienne gloire du rodéo dont la carrière fut stoppée net suite à une blessure. Ayant perdu femme et enfant dans un accident de voiture, le vieil homme est aussi cabossé que sa vieille Chevrolet. A contre coeur il accepte d’aller chercher Rafael, le fils de son ancien patron, de l’autre côté de la frontière mexicaine. L’adolescent rebelle de 13 ans, amateur de combats de coqs, préfère vivre dans la rue plutôt qu’avec sa mère au tempérament despotique. Acceptant de suivre Mike pour le ramener au Texas, le voyage du retour va s’avérer chaotique. Alors que police et hommes de main sont à leur trousse, une relation quasi filiale s’installe entre les deux.

Autant le dire tout de suite, « Cry Macho » ne restera pas comme le plus abouti des films du réalisateur américain. A l’image d’un Clint vieillissant, il y a quelque chose de bancal dans le scénario, mais à 91 ans, l’homme en a encore sous le chapeau. Ce western des temps modernes sonne une fois de plus comme un film testament, où Eastwood revisite bien des thèmes de ses films précédents. L’homme, au crépuscule de sa vie, semble contempler le temps qui passe, et se parler à lui-même, au fil des dialogues entre son personnage et le jeune Rafael (Eduardo Minett). Le ton est souvent mélancolique, et le cowboy impitoyable d’hier cède la place au sentimental. Et c’est probablement dans cette « naïveté » scénaristique que réside la force du film. C’est simple, parfois même touchant, empli de tendresse, et toujours aussi rigoureux dans la réalisation.

Après des critiques plutôt froides outre-atlantique à sa sortie, on redoutait que ce « Cry Macho » ne soit le film de trop pour Clint Eastwood. Et c’est finalement une bonne surprise. Certes, le scénario n’est pas parfait, il enfile quelques clichés les uns aux autres, mais le résultat est loin d’être la catastrophe redoutée. Un western solide où les flingues laissent finalement place à l’amour.

« Cry Macho« , en salle le 10 novembre.

Credit photos (c) Warner Bros.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
27 ⁄ 9 =