Five Years : le consentement au coeur de cette mini-série tchèque

Disponible sur arte.tv, la mini-série tchèque « Five Years » pose la difficile question du consentement, de la reconstruction et du traumatisme, entre une jeune femme et un ex camarade de lycée, qu’elle accuse de viol.

C’est l’histoire d’une soirée trop arrosée entre lycéens qui fêtent leur bac. Tereza, clairement attirée par les femmes, jette pourtant son dévolu sur David, qui finit par la ramener chez lui. Cinq ans plus tard, en route vers une maison d’édition où elle présente un essai sur la « cancel culture« , Tereza croise par hasard David, content et visiblement sincère de la revoir.

Une rencontre qui va bouleverser la vie des deux étudiants. Le traumatisme de Tereza, de cette nuit jamais oubliée, refait violemment surface. Elle l’accuse de viol et d’avoir commis un crime. Lui, tombe des nues et ne comprend rien à l’accusation.

En dix épisodes très courts, d’une quinzaine de minutes chacun, la série va revenir par petites touches sur la soirée où tout a basculé. Entre présent et passé, nous assistons au point de vue de chacun, sans que jamais le scénario ne prenne parti.

Et c’est toute la réussite de cette mini-série créée par Sára Zeithammerová. Sur le sujet ô combien délicat et/ou ambigu du consentement, l’écueil du cliché et de la leçon de morale est brillamment évité. Dans le passé, on se contente de découvrir petit à petit la fameuse soirée, jusqu’au prétendu viol. Au présent, nous suivons les conséquences désastreuses provoquées par l’accusation, sur les deux parties.

Car si traumatisme il y a pour Tereza, incapable depuis cinq ans de s’ouvrir émotionnellement, la destruction guette également David. Brillant étudiant en médecine sur le point de se marier, l’accusation portée contre lui fait voler en éclat son quotidien, et son éventuel futur.

Enfin la série s’attache à démontrer qu’il est essentiel de libérer la parole après un tel traumatisme. Mais encore faut-il trouver le bon exutoire. Pour Tereza, l’écriture semble être la solution, mais là encore, mieux vaut se méfier des faux-semblants.

En résumé, « Five Years » s’attaque au délicat sujet du consentement, de façon touchante, en évitant tous les clichés. Portée par deux formidables comédiens, Alžběta Malá (Tereza) et Samuel Toman (David), on ne peut que vous conseiller cette très belle mini-série.

« Five Years« , disponible sur arte.tv.

Credit photos (c) Arte

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