L’Ombre de Staline : James Norton dans l’enfer du mensonge Stalinien

Prévu pour une sortie en salles juste avant le confinement, L’Ombre de Staline aura les honneurs de la réouverture des cinémas le 22 juin prochain. Une reconstitution historique du génocide ukrainien par Staline magnifiquement mis en scène par Agnieszka Holland.

La réalisatrice polonaise est une grande habituée de la Berlinale où L’Ombre de Staline a été présenté l’année dernière en compétition. Le film retrace l’enquête du jeune journaliste gallois Gareth Jones qui va exposer aux yeux du monde entier les mensonges du régime Stalinien. Nous sommes en 1933, Jones (James Norton) vient de réaliser un joli coup en décrochant une interview d’Adolf Hitler, tout juste arrivé au pouvoir en Allemagne. Il compte désormais faire de même avec Staline pour comprendre comment un pays ruiné peut se prévaloir du fameux miracle économique tant vanté par le régime. Son déplacement à Moscou va très vite l’orienter sur les soupçons d’un de ses collègues sur place, mystérieusement assassiné au pied de son hôtel. La clé du mystère est à chercher du côté de l’Ukraine, où Jones va découvrir l’horreur orchestrée par Staline. Des fermes pillées de leurs récoltes, des orphelins abandonnés à eux-même, et une famine qui porte désormais un nom dans l’Histoire: l’Holomodor (en ukrainien, extermination par la faim).

James Norton, le 10 février 2019 à Berlin pour la présentation de L’Ombre de Staline. (c) Gianfranco Zanin / Cinereflex.com

En portant à l’écran ce récit historique, Agnieszka Holland nous offre probablement son film le plus abouti. Une reconstitution fidèle et superbe des années 30, magnifiée par une très belle photographie. Et si le tout se suit un peu à la manière d’un thriller, la réalisatrice prend néanmoins son temps pour exposer son sujet. D’abord à Moscou, où l’on découvre la vie des occidentaux toujours sous « l’oeil de Moscou ». Et surtout en Ukraine, dans la longue errance sous la neige de Gareth Jones qui découvre l’enfer de la réalité. Et le film peut se prévaloir d’un casting parfait, avec un James Norton convaincant dans la peau d’un homme tiraillé entre une vérité à révéler et les exigences politiques du gouvernement britannique. A ses côtés, Peter Sarsgaard est comme toujours excellent, ici sous les traits d’un journaliste du New York Times soumis à la nomenklatura. Et sans oublier Vanessa Kirby, dont le personnage d’Ada Brooks permet à Gareth Jones de découvrir la réalité du mensonge stalinien.

En résumé, si les salles obscures vont ont manqué depuis trois mois, L’Ombre de Staline est un excellent choix pour fêter leur réouverture. Un drame historique très bien documenté, parfaitement réalisé, et porté par un casting excellent. Rendez-vous donc au cinéma lundi prochain !

Credit photos (c) Robert Palka / Film Produkcja.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
46 ⁄ 23 =