The Silence : Gremlins sympathiques pour film raté (Netflix)

Dans les années 50, The Silence aurait probablement glané le titre de série B réussie. Mais en 2019, un an après Sans un bruit de John Krasinski, et quelques mois après le carton planétaire de Bird Box, le défi s’avérait compliqué pour le réalisateur John R. Leonetti. Si la bande-annonce laissait une place au doute, le résultat final est, quant à lui, très décevant, pour ne pas dire raté.

the silence
Stanley Tucci et Kiernan Shipka dans The Silence.

Lorsque des chercheurs explorent des grottes jusqu’alors inconnues, ils délivrent de leurs entrailles des créatures enfermées là depuis toujours. Aveugles mais à l’ouïe hyper développée, elles s’attaquent alors à tout ce qui fait du bruit, et répandent le chaos sur le territoire américain. La famille Andrews décide de fuir la ville pour trouver refuge dans des contrées plus isolées, et tout cela en restant parfaitement silencieux.

Si le début est plutôt plaisant à regarder, The Silence s’enlise très vite, dès lors que la famille trouve refuge dans une maison abandonnée par sa propriétaire dévorée par les créatures. En clair, il ne se passe pas grand chose. Et bien évidemment, l’obligation de garder le silence entraîne une absence de dialogues qui ne sert pas le scénario. Pour pimenter un peu l’intrigue, vous mettez un serpent à sonnettes qui forcément est là où il ne faudrait pas qu’il soit, ou encore les éternels téléphones qui sonnent quand il ne le faut pas. Mais le summum du raté intervient dans le dernier tiers du film avec l’introduction d’un culte obscure, genre secte qui veut s’en prendre à la jeune Ally Andrews (Kiernan Shipka). Sorti un peu de nulle part dans le déroulé de l’histoire, sa présence n’est que sporadique à l’écran, trop peu pour créer une quelconque angoisse. Cet ajout frise finalement le ridicule, tout comme la rapidité à régler le problème.

Si l’ensemble apparaît comme franchement mauvais, au final on se dit que la seule réussite du film, ce sont les créatures. Du genre Gremlins bien moches avec des ailes, le réalisateur n’hésite pas à les montrer tout au long de son métrage, et malgré des effets spéciaux pas toujours au top, elles finissent par nous soutirer un sourire à chacune de leurs apparitions. Pas certain que cela soit le but premier du film.

Malgré un casting plaisant (Stanley Tucci, Miranda Otto, et John Corbett, en plus de la jeune Shipka déjà citée), The Silence souffre d’un scénario peu ambitieux aux accents ridicules. Si le réalisateur parvient néanmoins à instaurer une ambiance pesante, anxiogène, elle ne suffit malheureusement pas à sauver le film d’un raté qui nous laisserait presque sans voix.

The Silence, disponible sur Netflix depuis le 10 avril.

 

Credit photos (c) Netflix.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
14 − 4 =