« Le Traître »: le film de Marco Bellocchio à (re)découvrir sur Arte

Après sa diffusion sur la chaîne le 22 mai dernier, le film italien « Le Traître » est également disponible en replay sur arte.tv. Une oeuvre magistrale sur l’homme qui « décapita » Cosa Nostra, en collaborant avec le juge Falcone.

Sorti en salles en 2019, en compétition officielle à Cannes, puis représentant l’Italie aux Oscars, « Le Traître » dresse le parcours de Tommaso Buscetta, le repenti le plus célèbre d’Italie. La présentation du film faite sur le site d’Arte, suffit à résumer l’oeuvre signée par Marco Bellocchio.

Au milieu des années 1980, la guerre des clans ensanglante la Sicile. Arrêté, le chef mafieux Tommaso Buscetta accepte de collaborer avec le juge Falcone… Par Marco Bellocchio, le procès d’une monstrueuse entreprise criminelle, au coeur d’un film magistral.

(Arte)

Sicile, 1980. Au cours d’une grande fête, les mafieux du clan de Palerme, tenu par Stefano Bontade, et ceux de Corleone, sous la coupe de Totò Riina, se rencontrent pour se partager le trafic d’héroïne. Membre influent du premier, Tommaso Buscetta a participé pendant des années aux basses œuvres de Cosa Nostra. Pour se tenir à l’écart de la guerre fratricide qui menace, il s’exile au Brésil avec Christina, sa troisième épouse, et leurs enfants, laissant en Sicile deux de ses fils. Mais plusieurs de ses proches sont abattus. Arrêté par la police brésilienne, Buscetta est extradé vers l’Italie en 1984. Il accepte de collaborer avec le juge antimafia Giovanni Falcone…

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Shakespearien
En s’emparant d’un épisode de la vie d’un véritable criminel, Marco Bellocchio s’attelle à un projet d’une ampleur hors du commun. En scrutateur de la société italienne, il mène une réflexion sur la place du repentir dans la conscience humaine tout en refusant de mythifier les chefs de la Mafia, qu’il s’attache à décrire comme des petits-bourgeois vicieux et médiocres. Bien que le sujet soit pour la première fois extérieur à sa propre expérience biographique ou intellectuelle, le réalisateur reste fidèle à sa conception du cinéma. La théâtralité y occupe une place importante, que ce soit dans les systèmes de représentation qu’adopte Buscetta (remarquable Pierfrancesco Favino) – homme à femmes, adepte de la chirurgie esthétique, fugitif sous de fausses identités… – ou dans la reconstitution des procès antimafia, filmés comme des tragi-comédies, avec des détails triviaux qui ne sont pas sans évoquer Shakespeare. Un film magistral sur une monstrueuse organisation criminelle, à laquelle le cinéaste ne prête aucun pouvoir de fascination.

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Tout est dit. « Le Traître » retrace avec maestria le cheminement qui a conduit Tommaso Buscetta à collaborer avec le juge antimafia, Giovanni Falcone. Ses déclarations conduisirent au « maxi procès » de Palerme, reconstitué ici en mode commedia dell’arte. Outre la pertinence et la vérité historique d’une page capitale de l’histoire italienne, nous retiendrons l’interprétation magistrale de Pierfrancesco Favino dans la peau de Buscetta. Et pour ceux intéressés par les films sur la mafia italienne, on ne peut que vous recommander les excellents « Fils de la ‘Ndrangheta« , « Paolo Borsellino. Adesso tocca a me« , ou encore l’émouvant « Lea« , tous disponibles sur Netflix.

« Le Traître« , disponible sur arte.tv jusqu’au 28 mai 2022.

Credit photos (c) IBC Movie / Arte

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