Rebecca : un remake plus léger, moins austère, avec Lily James et Armie Hammer

C’est la nouveauté de la semaine sur Netflix dans la catégorie « films ». Rebecca, nouvelle adaptation du roman de Daphné du Maurier signée Ben Wheatley, a la lourde tâche de devoir satisfaire les inconditionnels du livre, et du film culte de 1940, signé Hitchcock. Un pari osé, en partie réussi.

Adapter un roman veut dire prendre des libertés par rapport au texte original, tout en en gardant l’esprit. C’est exactement ce que le réalisateur britannique propose ici avec son remake de Rebecca. On y retrouve dès le début la jeune femme de compagnie (Lily James) qui va connaître une romance fulgurante avec un veuf richissime Maxim de Winter (Armie Hammer), avant de l’épouser. Puis très vite, les beaux décors ensoleillés de la côte d’azur laissent la place à l’austère domaine de Manderley, sur la côte anglaise. La jeune épouse s’y installe, fraîchement accueillie par l’intendante des lieux, l’intrigante Mme Danvers (Kristin Scott Thomas). Celle-ci, plus austère encore que la demeure, aime rappeler à la nouvelle arrivante qu’elle ne remplacera jamais la défunte Rebecca. Cette dernière est omniprésente, dans toutes les pièces du manoir, jusqu’à la brosse à cheveux posée sur la coiffeuse de la chambre. La nouvelle Mme de Winter peine à exister et son époux ne fait rien pour l’y aider. Le thriller psychologique se met peu à peu en place, et le spectateur (qui n’aurait pas connaissance du livre) est bien conscient que tout peut arriver.

Cette nouvelle adaptation du roman s’affiche d’emblée comme plus légère et moins austère que le texte originel. Maxim de Winter est plus jeune (à l’heure du MeToo, un homme de 40 ans avec une jeunette de 20 ans passe de plus en plus mal), et la romance du début offre tout le côté glamour qu’Hollywood sait proposer en pareil cas. Il en va de même pour la fin, bien moins ouverte que celle du roman, avec un sentiment de feel good assumé. Entre les deux, le scénario reste conforme au matériau d’origine. Le côté pesant psychologique est moins marqué, et c’est peut-être le principal reproche que l’on trouvera à faire à ce remake. Parfaitement entretenu par la prestation une fois de plus irréprochable de Kristin Scott Thomas, ou par le côté versatile du personnage joué par Armie Hammer, la tension retombe assez rapidement entre les scènes.

Il est en revanche une constante bien présente du début à la fin, en la personne de Lily James. Une fois de plus, la jeune actrice crève l’écran dans chacune de ses scènes. Des jours heureux du début, au désarroi ressenti une fois arrivée à Manderley, son interprétation de Mme de Winter use avec aisance de toute la palette d’émotions et de talent qui sont les siens.

En conclusion, la meilleure façon d’apprécier cette nouvelle adaptation du roman de Daphné du Maurier est de ne pas chercher la comparaison. Oubliez le N&B du film d’Hitchcock, oubliez Joan Fontaine et Laurence Olivier, et plongez dans cette relecture du roman volontairement plus légère, moins austère et dramatique. Ben Wheatley donne un petit coup de jeune à une oeuvre culte, et le résultat est plutôt réussi.

Rebecca, disponible sur Netflix le 21 octobre.

Credit photos (c) Netflix.

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