Space Force : une comédie qui vole en orbite basse

Créée par Steve Carell et Greg Daniels, Space Force est incontestablement la nouveauté de la semaine sur la plateforme Netflix. Une comédie inspirée par la décision bien réelle du président Donald Trump de créer une nouvelle branche parmi les forces armées américaines, la fameuse Space Force, une force de l’Espace.

Tout juste promu général quatre étoiles, Mark Naird (Steve Carell) rêve de prendre la tête de l’US Air Force. A son grand désarroi, le poste est confié à son grand rival, et lui est nommé à la tête de la nouvelle division voulue par le président américain. Rechignant d’abord à la tâche, il va peu à peu se jeter corps et âme dans sa nouvelle fonction, avec pour objectif d’envoyer des américains sur la lune en 2024. Une reconquête spatiale semée d’embûches, et qui malheureusement ne vole pas bien haut.

Soyons clairs, avec Steve Carell aux commandes, le résultat ne peut pas être mauvais. Space Force est une comédie qui gravite entre satire légère et loufoquerie mesurée. S’il existe un léger fil rouge tout au long des 10 épisodes de cette première saison, le principal défaut vient d’un scénario où chaque épisode apparaît presque indépendant des autres : une sortie dans l’espace pour l’un, une audience devant les élus du Congrès pour l’autre, ou encore une guéguerre entre Space Force et US Air Force. Le tout pour un résultat très inégal. On sourit régulièrement, ça frise le n’importe quoi bien souvent, mais l’ensemble peine à décoller réellement. On s’inspire de faits réels comme les tweets rageurs venus du Président, jamais nommément cité, mais que tout le monde aura reconnu. On y croise l’austère Nancy Pelosi, la chef des Démocrates à la Chambre des Représentants, ou encore une élue New-yorkaise au nom composé que les amateurs de politique américaine identifieront sans mal à Alexandria Ocasio-Cortez. Mais le politiquement incorrect que l’on imaginait au départ s’arrête là. Pourtant la série s’appuie sur un casting solide. Outre Carell, John Malkovich est fidèle à lui-même dans la peau du scientifique chargé de mener l’entreprise au succès. Diana Silvers (déjà vue sur Netflix dans Booksmart) apporte une touche de fraîcheur en incarnant Erin, la fille de Mark Naird. Malheureuse d’avoir dû quitter sa vie et ses amis de Washington pour venir s’enterrer dans un bled paumé du Colorado, elle semble résignée à sa nouvelle condition. Ben Schwartz, Don Lake, Tawny Newsome, Noah Emmerich, Lisa Kudrow, ou encore le regretté Fred Willard complètent la distribution avec des personnages plus ou moins déjantés et caricaturaux.

En résumé, Space Force est une comédie sympathique qui se regarde sans déplaisir. 10 épisodes d’environ 30 minutes chacun, où l’on aurait aimé être transporté un peu plus loin dans la dérision. Les dialogues sont savoureux, les situations comiques, mais le tout se contente de rester en orbite basse, là où l’on espérait atteindre les étoiles.

Space Force, saison 1 de 10 épisodes, disponible sur Netflix.

Credit photos (c) Netflix.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
23 − 20 =