Marianne : la série horrifique française réussie signée Netflix

Après une bande-annonce plutôt alléchante, Netflix a mis en ligne ce vendredi sa nouvelle création française, Marianne. Une série loin des entiers battus jusqu’alors explorés par le géant californien dans l’hexagone. Et si l’horreur est un genre parfaitement maîtrisé chez les anglo-saxons, la série créée et réalisée par Samuel Bodin prouve que le savoir-faire français dans le domaine n’est pas négligeable.

Marianne
Victoire du Bois (Emma) en lutte contre la sorcière Marianne.

Emma est une jeune romancière à succès. Sa série de livres bâtie autour d’une sorcière prénommée Marianne se vend dans le monde entier. Mais lorsqu’elle décide de mettre fin à la saga pour se tourner vers d’autres horizons, les événements vont prendre une tournure dramatique. La sorcière tout droit sortie de son imagination et de ses cauchemars d’enfant semble bien réelle. Emma retourne alors sur les lieux de son enfance pour affronter le démon.

Si le but premier d’une série d’horreur est de faire peur, alors Marianne transforme sans souci l’essai. Sans rien révolutionner, le réalisateur sait maintenir l’angoisse permanente, et faire sursauter le spectateur de façon régulière. Et le résultat est sans conteste à mettre au crédit de Mireille Herbestmeyer, qui incarne à merveille la sorcière terrifiante. Son sourire maléfique et des grands yeux exorbités suffisent à nous faire regarder sous le lit avant d’éteindre la lumière. La série peut aussi se reposer sur son duo féminin principal, composé de Victoire du Bois (Emma) et de son assistante Camille (Lucie Boujenah). On pourra reprocher à la première de surjouer quelque peu le côté destroy et désinvolte de la romancière à succès accro à la bouteille. Elle est en revanche beaucoup plus convaincante dans les moments de désarroi et de vulnérabilité que son personnage affronte une fois confrontée aux événements démoniaques. La seconde est quant à elle, parfaite sur toute la ligne dans le rôle de l’assistante flippée par les événements, et devant gérer le caractère imprévu de sa patronne. On regrettera qu’elle « disparaisse » de l’écran en cours de route. Le troisième personnage, Samuel, inspecteur de police incarné par Alban Lenoir, tombe lui, un peu comme un cheveu dans la soupe. Personnage comique, il semble tout droit sorti d’une autre série !

Et c’est peut-être là que certains trouveront la faiblesse de Marianne. L’humour y est régulièrement présent. Avec Samuel évidemment, mais aussi avec Camille. La scène de l’effraction chez la vieille sorcière en veut pour preuve. L’autre faiblesse est à chercher du côté de l’écriture des personnages. Marianne est en arrière-plan une histoire d’amitié, de pardon, bâtie autour d’un drame survenu 15 ans auparavant, entre une bande de copains alors adolescents. Et pourtant, on a dû mal à s’attacher à leur histoire. Sans aller jusqu’à dire que certains personnages sont antipathiques (Emma l’est à certains égards), on aurait souhaiter une alchimie plus prenante entre eux.

Quoi qu’il en soit, cette première série horrifique française signée Netflix remplit aisément son contrat. Celui de nous divertir en nous faisant sursauter régulièrement, et sourire à intervalles réguliers. Bien aidée par une belle photographie froide et les décors superbes du littoral breton, Marianne est une jolie surprise. Et puisque le final ouvre une porte éventuelle vers une deuxième saison, si Netflix décidait de remettre ça avec Samuel Bodin (et son co-scénariste Quoc Dang Tran), nous serions sans problème au rendez-vous.

Marianne, saison 1 de 8 épisodes, disponible sur Netflix depuis le 13 septembre.

 

Credit photos (c) Netflix.

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